Tiens voilà du boudin...

Publié le par Alq

Ainsi donc les policiers ont retrouvé au ministère de l'intérieur une lettre prouvant qu'Eric Woerth était intervenu en 2007 auprès de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, pour appuyer l'attribution de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Béthencourt.

M.Woerth avait juré n'être jamais intervenu. Aujourd'hui, il affirme n'avoir jamais menti.

Selon son avocat, il signait tant de courriers qu'il ne se souvient pas de cette lettre.

Soit !

Le plus choquant pour moi, ce n'est pas le mensonge réel ou involontaire du ministre du travail. On peut très bien avoir oublié une lettre signée il y a trois ans, sans être atteint de la maladie d'Alzheimer.

Ce qui me choque, ce sont les raisons invoquées pour l'attribution de ladite médaille: Patrice de Maistre faisait partie du "premier cercle" des généreux donateurs à l'U.M.P.

On lui remet donc une décoration, non pour avoir porté haut l'image de la France, non pour avoir fait preuve de courage ou sauvé des vies humaines, mais plus prosaïquement pour avoir rempli les caisses d'un parti politique.

Vous allez me dire que ça devient une activité à risque aujourd'hui et qu'il faut peut-être du courage pour être généreux avec un parti en pleine déconfiture.

Relisons l'article 1 du Code de la Légion d'honneur: "La Légion d’honneur est la plus élevée des distinctions nationales.
Elle est la récompense de mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes."

Je n'ai pas la Légion d'honneur. Je ne sais pas si j'ai jamais eu envie de l'obtenir. Mais, aujourd'hui, décidéement, je n'en veux pas. N'insistez pas M. le président.

Petit rappel historique: en 1887, Jules Grévy, président de la République, pourtant réélu deux ans plus tôt, doit démissionner sur pression du parlement. Son gendre faisait attribuer des décorations contre des espèces sonnantes et trébuchantes. 

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