A-t-on peur que le chômage baisse ?

Publié le par Alq

La fusion de l’ANPE et des Assedic était une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy. Problème : les agents de l’ANPE étaient de droit public (sécurité de l’emploi), ceux des Assedic de droit privé (meilleures conditions salariales).

Un droit d’option a été offert aux agents de l’ANPE pour choisir le statut privé avec une carotte : une augmentation de salaire puisqu’on était mieux payé à l’Assedic. Le différentiel moyen de salaire n’est  pas négligeable : 7 500 euros bruts par an, soit plus de 600 euros bruts par mois.

26 772 agents étaient concernés. Au 30 Avril 2010,  31% seulement ont changé de statut (8 634 agents). Ensemble,  ils vont toucher par an 64,5 millions d’euros de salaire brut supplémentaire. Si on prend en compte les charges patronales, cette somme atteint les 100 Millions d’euros.

Si tous les salariés optaient pour le statut privé, le coût approcherait les 300 Millions d’euros.

Surprise ? Pas du tout. En 2004, le rapport Marimbert précisait “Le surcoût annuel d’une fusion, dans l’hypothèse très vraisemblable d’un alignement du régime des agents de l’ANPE sur celui de l’UNEDIC s’élèverait au minimum à 200 millions d’euros par an.” 

Nicolas Sarkozy a donc tenu la promesse de campagne électorale. Il avait simplement omis de préciser l’augmentation très importante de la masse salariale consacrée à rémunérer les agents de Pôle emploi.

Pourquoi 69% des agents de l’ex-ANPE n’ont-ils pas franchi le pas ? Peut-être tout simplement parce que le statut public les rassure et qu’ils n’ont pas confiance dans la nouvelle organisation. Et ce n’est pas leur ministre de tutelle qui va les rassurer : le 12 mai, Laurent Wauquiez évoquait au micro de RMC une perspective de baisse des effectifs de Pôle emploi.

Diminuer les effectifs de Pôle emploi ? C’est donc que le chômage baisse ou va baisser. Raison de plus pour créer de nouveaux chômeurs. Quel talent ce Wauquiez!

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